Macbeth, poème

Macbeth, poème

Où en est la nuit ? A l’heure où il n’y a plus qu’elle. Absolue, elle recouvre la terre de ténèbres.

Macbeth

Elle git sur mon lit d’autopsie. Mes entrailles décortiquées, son utérus avorté. Auront-nous au moins droit à une pierre tombale ? « Ici gisent les époux Macbeth. De son ventre stérile, naquirent la mort et la désolation. De sa semence pestiférée, il repeupla l’Ecosse par lui décimée. »

Regarde-moi. Regarde-moi putain !

Des trous profonds ils reviennent. Pourris. De ton trou à toi aucun réconfort à espérer. Tu as toujours été frigide

Regarde-moi ! Regarde-moi putain !!

Elle erre dans les couloirs elle ne regarde plus elle ne ressent plus elle n’a jamais joui. Toujours fait semblant je le sais

Lady Macbeth

Les trois chiennes en chaleur le regardaient avec leurs yeux RUISSELANT de ce liquide inhumain. C’est alors que mon cœur se déchira en mon sein

Macbeth

Sondez mon âme. Sur la table d’autopsie. D’où provient-elle cette noirceur qui m’envahit ? Je ne vis que par la destruction. Ma toxique damnation. Toujours ils reviendront me hanter. Les cris hurlant deviennent mon quotidien. A la fois glaçant et divin

Je ne veux que mourir. M’apaiser. Trouver une réponse dans cette quête du sang versé

Lady Macbeth

Un jour je pense que je me suiciderai. Discrètement sans un bruit. Je m’évaderai dans la nuit. Et jamais personne ne saura. Le mal qui prolifère en moi. Voir mes veines se déchirer. Le poison s’en échapper. Je suis las épuisée

Macbeth un jour tu seras roi. Le monde est entré dans la nuit. L’aube ne se lèvera plus. Les arbres morts eux aussi. A Dunsinane reprendront vie

Freud dit tout est sexe. Des entrailles pourries de mon utérus. Voilà de quoi ils se nourrissent. J’allaitai pourtant. Mais mon lait se changea en sang. Et le sang ne disparut point chaque mois il revenait hanter ma couche. Les draps salis par tant d’infertilité. Et moi souillée. J’allaitai pourtant

Les trois chiennes au ventre rond me narguaient faisant la ronde. Jouant un air avarié. Telle ma viande. Moi coupable inféconde. J’en eu la nausée

De l’échiquier s’apprête à tomber

Duncan Le Roi

Une chute mortelle

Ensanglantée

Sa couronne tant convoitée

A Macbeth appartiendra

Et parfois ils étaient mort-nés

Alors je les ai enterrés profondément sous les lilas

Mais toujours ils refaisaient surface petits cranes dont la cervelle encore vierge de pensées vaines et meurtrières

Etait mangée par les rats

Macbeth

Etre ou ne pas être. L’autre connard m’a volé ma réplique. Elle aurait dû m’appartenir. De ma bouche à moi Macbeth Le Roi

Freud

Toute la nuit je l’ai veillée. Dans mon carnet j’ai tout noté

L’infirmière

La voilà qui approche ni morte ni vivante. En état de veille inconsciente.

Entre Lady MacBeth, nue sous son peignoir de satin blanc

Freud

Ses yeux. Ouverts mais aveuglés. L’infirmière. Hermétiques à toute sensation. Comme voilés

Lady Macbeth

Il y a toujours une souillure

Au sang je suis condamnée

Emplie de moisissures

A vie tâchée

Ce sang ne s’arrêtera-t-il jamais de pisser

De mes mains

Ces mains pourtant qui aspiraient à caresser

Et mes seins

Mes seins enflés telles des mamelles bovines prêts à éjaculer tout leur lait stérile

Freud

Sa conscience infectée nuisible à tout sommeil

Gardez un œil sur elle

Et qu’il soit bien ouvert

Il faudra la purger

La vider de ces vers

Qui dévorent non sa chair

Mais son âme toute entière

Lady Macbeth

Money is the anthem of success so put on your mascara and your party dress

Macbeth

Espèce de chienne il est mort je l’ai crevé le poignard enfoncé. Dans sa poitrine

Mettre à mort. Car le coq a chanté. Mettre à mort. Car les sœurs ont parlé. Mettre à mort

Pour que je puisse bander

En terrain infertile

Rien à stériliser

Les biberons les capotes usagées

Contiennent une semence infectée

Parmi les revenants

Errant je suis

Mais la vie n’est-elle pas qu’un fantôme agité

Et nous autres pales figurants

De simples jouets

Entre les mains d’un connard d’un simple niais

Qui s’amuse à raconter un conte une chimère

Sans queue ni tête

Où les enfants tètent

Mais ne survivent pas

Où l’homme valeureux

De sa propre main

Alors d’argent gantée

Versa un jour un sang

Qu’il ne sut endiguer

Et pourtant cet homme était estimé

L’on disait de lui : quel homme vaillant quel courageux guerrier

Mais cette liqueur si douce

Un jour ne suffit plus

A désaltérer sa glotte à satisfaire sa joie

Car Macbeth plus que tout désirait être roi

Vraiment ?

Vraiment Macbeth, était-ce ce à quoi

Tu aspirais au plus profond de tes entrailles

There will be blood

Blood there will be

Le sang réclame le sang

Il le demande incessamment

Dans sa lutte avec le jour

La nuit rend peu à peu les armes

Mais elle reprendra ses droits

Sombre assoiffée de vengeance toujours elle vaincra

Tout ce qui est clair et bon deviendra noir et pourri

Une force autodestructrice

Un instinct mortel de survie

Où en est la nuit ?

A l’heure où il n’y a plus qu’elle

Absolue, elle recouvre la terre de ténèbres

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