My work

Ophelia, Barbie et moi

Solo que j’ai écrit, mis en scène et dans lequel je joue.

Une femme, Moi/Barbie, personnage à la fois drôle et tragique, raconte des bribes de son existence. Une présence réconfortante la visite ; elle s’appelle Ophélia, et n’a plus de chair. Une seconde compagne occupe elle aussi le plateau ; c’est une poupée Barbie, double miniature du personnage principal. Moi/Barbie évolue entre (et à l’intérieur de) ces deux figures féminines avec lesquelles elle se lie d’une réelle complicité.

Cette forme théâtrale autofictionnelle s’est construite autour de mon propre corps, de mes propres troubles. J’ai en effet décidé de travailler à partir de ce personnage que j’ai créé, personnage qui est devenu moi, et de l’image parfois subversive qu’il renvoie.
Ophelia, Barbie et moi aborde plusieurs thèmes : la violence sexuelle, l’image de soi, le phénomène de dissociation (vécu lors de traumatismes violents et de certains troubles de la personnalité), la dépossession de son corps jusqu’au sacrifice de l’enveloppe charnelle.

Extraits issus d’Ophelia, Barbie et moi

Mes bas sont lacérés, mon sexe pleure de honte, hurle sa douleur d’avoir été déchiré. Dans la vitrine un miroir m’observe. J’aimerais qu’il arrête mais il ne me quitte pas des yeux. Je lui en veux de m’imposer l’image qu’il me renvoie ce matin-là. De la poupée presque parfaite de la veille, il ne reste plus grand-chose. Seuls rescapés du carnage, les Louboutin et le silicone. Le maquillage mélangé aux larmes, à la morve et au sperme séché forme une sorte de plâtre dégueulasse écaillé.
Oui, même le maquillage Chanel subit ce genre d’altération une fois mêlé à des fluides corporels. Je me demande s’il me reste un peu de ce masque au caviar qui fait des miracles. Et aussi s’ils ont au moins mis une capote.

« T’aime ça te faire défoncer hein espèce de chienne » En dehors du sexe, c’est un homme charmant. Je regarde par la fenêtre. La lumière des bougies dessine son contour, elle est là, dehors, qui nous observe. Sa présence, j’ai appris peu à peu à l’apprivoiser. Elle me faisait peur, aujourd’hui elle me rassure. La douleur devient presque insupportable. Je regrette d’être venue. Surtout que je n’ai aucune combinaison de ski.

« Pénétrée par l’air glacé je reprends vie mais quelle douleur. Un papillon de nuit s’endort sur mes mains dévêtues de chair. » C’est vrai, Ophelia n’a plus de chair. Je lui propose un verre de vin chaud mais elle ne peut plus boire, sa langue a pourri. Alors je me laisse bercer par le son de sa voix : « La nuit m’enveloppe, me couvre de son manteau pudique et moi je reste là.
La lune, les étoiles n’existent pas. Le brouillard m’interpelle, m’enrobe, me ronge et me dégueule. Que reste-il de moi ? Ophelia déchet rejeté par les vers rassasiés, savourée sans pitié, consommée jusqu’à la nausée, tel l’homme qui goûtait ma peau et pénétrait ma chair. Me déchirait. » Puis Ophélia s’endort dans mes bras.

J’aime les marchés de Noël. C’est naïf et ridicule, mais je m’y sens bien. Je m’y sens tellement bien que le jour où je me trancherai les veines, je le ferai entre le stand de bougies artisanales et celui des crèches miniatures, sous les chants enjoués de la chorale de l’église. La nuit est en train de recouvrir les cabanes en bois. C’est le moment que je préfère. Sirotant un vin chaud à la cannelle, j’attends que les lumières s’allument et que les figurines prennent vie. Le spectacle a lieu tous les jours, à la tombée de la nuit. Ce sont de petites marionnettes en bois, manipulés avec poésie par des êtres anonymes. La première à s’animer est un petit bonhomme en pain d’épice. La seconde est un renne de Noel (oui, ceux qui peuvent s’envoler).

Ophelia, Barbie et moi from SAVELLI EVE on Vimeo.

Ophelia, Barbie & me

Solo piece written, directed and staring myself.

Synopsis : Both a comedic and tragic protagonist at the same time, Me/Barbie, reflects on moments of her life. She is visited by a comforting presence; a woman by the name of Ophelia, who is without flesh. She also keeps company with another; a Barbie doll- a miniature double of her own same self. Me/Barbie moves about between (and inside of) these two feminine figures and forms a strong bond of friendship with them both.

This autofictionnal theatre piece was inspired by my own body and my own disorders. I decided to work from this character I created, character I myself have now become, as well as the sometimes rather subversive image it gives off. This piece tackles several themes including self-image, sexual abuse and personality disorder.

Extracts from Ophelia, Barbie et moi

My stockings are slashed, my sex cries from the shame, screams its pain to have been lacerated. In the window, a mirror is observing me. I would like it to stop but it does not take its eyes off of me. I am angry with the image it reflects. From being an almost perfect doll the night before, to this.
The only survivors from the disaster are the Louboutin and the silicone. Mixed with tears, snot and dry semen make up forms a kind of disgusting flaking plaster like substance. Yes, even Chanel make up suffers from this sort of staining once mixed with bodily fluids.
I wonder if I have any of that amazing caviar miracle mask left. And also if they at least put a condom on.

« You like to be fucked as a whore don’t you bitch” Apart from sex, he is a lovely man. I’m gazing through the window. The light of the candles draws her contours, she is there, outside, watching us. Her presence, I have learnt to tame it. She used to frighten me, now she reassures me. The pain becomes almost unbearable. I wish I didn’t come. I do not have any ski suit. What’s the point… ?

« Touched by the chilled air I suddenly get a surge of life. Such pain overwhelms me. On my fleshless hands, a moth falls asleep, sole witness of this tragedy. » Indeed, Ophelia has no flesh left. “The night wraps itself around me, with its modest cloak it covers me and I, stay there.
The moon, the stars, are to be seen nowhere. The fog calls out to me, coats me, eats me away and pukes me back out. What is left of me? Ophelia, waste product rejected by satisfied warms, enjoyed with no mercy, consumed until nauseous, such as the man who tasted my skin and penetrated my flesh. Tore me apart.”

I love Christmas Markets. There’s an absurd naivety to them, but they make me happy. They make me so happy that the day I will slit my wrists, I will do it between handmade candles and miniature crèches stands, to the chorus of cheerful church choir songs. The night is about to envelope the wooden huts. This is the moment I long for. Sipping hot cinnamon wine, I wait for the light to shine and the figurines to come alive. Like clockwork, the curtain raises as the night falls. Tiny wooden marionettes dangled by faceless poets. The first brought to life is a small gingerbread man. The second, a Christmas reindeer (yes, those blessed with the gift of flight).

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